ne-pas

Category: Heidegger en français
Submitter: Murilo Cardoso de Castro

ne-pas

Mais serait-il permis de toucher à la souveraineté de la "logique" ? Se pourrait-il que l’entendement ne soit pas, dans cette question portant sur le rien, réellement souverain ? Avec son aide, nous ne pouvons guère, d’une façon générale, que déterminer le rien et le poser tout au plus comme un problème qui se détruit lui-même. Car le rien est la négation de la totalité de l’étant, l’absolument non-étant… Mais parlant ainsi, nous rangeons le rien sous la détermination plus haute de ce qui est soumis à négation et, par là, de ce qui est nié. Or la négation est, selon la doctrine régnante et jamais contestée de la "logique", un acte spécifique de l’entendement. Comment, dès lors, pouvons nous prétendre, dans la question portant sur le rien et même dans celle de savoir s’il peut être questionné, congédier l’entendement ? Pourtant, ce que nous présupposons là est-il si assuré ? Le ne-pas, l’être-nié et ainsi la négation représentent-ils la détermination plus haute sous laquelle le rien, comme une espèce particulière de ce qui est nié, vient se ranger ? N’y a-t-il le rien que parce qu’il y a le ne-pas, c’est-à-dire la négation ? Ou est-ce l’inverse ? N’y a-t-il la négation et le ne-pas que parce qu’il y a le rien ? C’est ce qui n’est pas décidé, n’est pas même encore érigé expressément en question. Nous affirmons : le rien est plus originel que le ne-pas et la négation. QQMETA: L’élaboration de la question

Quel témoignage plus insistant de la manifestation constante et étendue, quoique masquée, du rien dans notre être-là, que la négation ? Mais celle-ci n’ajoute nullement à partir d’elle-même le ne-pas, comme moyen de différenciation et d’opposition au donné, pour l’y intercaler en quelque sorte. Comment la négation pourrait-elle, aussi bien, produire à partir d’elle-même le ne-pas, quand elle ne peut cependant nier que si quelque chose de niable lui est au préalable donné ? Mais comment quelque chose de niable et qui soit à nier pourrait-il entrer en vue comme se prêtant au ne-pas, si toute pensée comme telle n’avait pas d’avance déjà vue sur le ne-pas ? Or le ne-pas ne peut devenir manifeste que si son origine, le néantir du rien en général et par là le rien lui-même, est soustraite au cèlement. Le ne-pas ne vient pas de la négation ; c’est la négation, au contraire, qui se fonde sur le ne-pas, lequel surgit du néantir du rien. La négation n’est, en fait, qu’un mode du comportement néantissant, c’est-à-dire fondé préalablement sur le néantir du rien. [54] QQMETA: La réponse à la question

Submitted on:  Tue, 23-Jan-2007, 19:04