art comme poésie

Category: Heidegger en français
Submitter: Murilo Cardoso de Castro

art comme poésie

L’art comme poésie est fondation au double sens de la dispensation et de la re-position. Et en tant que tel l’art doit nécessairement s’engager dans le fondement - la terre -, et cela de telle sorte que celle-ci advienne dans l’ouvert du projet en tant que celle qui se referme. Autrement dit, il faut que le litige entre la terre et le projet du monde soit instauré - il faut qu’une oeuvre soit.

Le fondement de la nécessité de l’oeuvre se trouve dans l’essence de l’art comme poésie. Celle-ci est fondation comme instauration du litige - comme commencement. Ainsi pouvons-nous apercevoir ceci : l’art est poésie et comme tel, fondation en un triple sens : comme dispensation, comme re-fondation, comme commencement (Hw. 62-63).

Le litige entre monde et terre instauré dans l’art comme poésie - l’oeuvre se tenant en soi - est toujours un créé. Nous nommons ainsi ce trait essentiel dans l’être-oeuvre de l’oeuvre que nous avons jusqu’ici laissé de côté. L’être-créé appartient à l’être-oeuvre lui-même ; car que pourrait sinon vouloir dire le mot "oeuvre" ? Et pourtant : n’avons-nous pas pris depuis le début toute la peine du monde à tenir justement à distance l’être-produit par l’artiste, en le traitant comme un détermination inessentielle de l’oeuvre elle-même ? Assurément, cependant, l’être-produit et l’être-créé ne sont pas la même chose. Tout créé, dans le domaine de l’art, est toujours aussi un produit, mais l’inverse n’est pas vrai. Et c’est bien pourquoi il est également impossible de jamais concevoir le créer et l’être-créé en partant du produire et de l’apprêter. Tandis que nous tentons actuellement de déterminer l’être-créé comme trait essentiel de l’oeuvre, nous en sommes revenus, sur notre cours circulaire, à notre point de départ - à l’oeuvre elle-même.

Submitted on:  Wed, 28-Mar-2007, 09:00