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arraisonnement

Definition:
Arraisonnement (Ge-stell): ainsi appelons-nous le rassemblant de cette interpellation (Stellen) qui requiert l’homme, c’est-à-dire qui le pro-voque à dévoiler le réel comme fonds dans le mode du « commettre ». Ainsi appelons-nous le mode de dévoilement qui régit l’essence de la technique moderne et n’est lui-même rien de technique. Fait en revanche partie de ce qui est technique tout ce que nous connaissons en fait de tiges, de pistons, d’échafaudages, tout ce qui est pièce constitutive de ce qu’on appelle un montage. Le montage, cependant, avec les pièces constitutives mentionnées, rentre dans le domaine du travail technique, qui répond toujours à la pro-vocation de l’Arraisonnement, mais n’est jamais ce dernier ni, encore moins, ne le produit. [GA7, pag. 27]

Dans l’appellation Ge-stell (« Arraisonnement »), le verbe stellen ne désigne pas seulement la provocation, il doit conserver en même temps les résonances d’un autre stellen dont il dérive, à savoir celles de cet her-stellen (« placer debout devant », « fabriquer ») qui est uni à dar-stellen (« mettre sous les yeux », « exposer ») et qui, au sens de la poiesis, fait apparaître la chose présente dans la non-occultation. Cette production qui fait apparaître, par exemple, l’érection d’une statue dans l’enceinte du temple, et d’autre part le commettre pro-voquant que nous considérons en ce moment sont sans doute radicalement différents et demeurent pourtant apparentés dans leur être. Tous deux sont des modes du dévoilement, de l’aletheia. Dans l’Arraisonnement se produit (ereignet sich) cette non-occultation, conformément à laquelle le travail de la technique moderne dévoile le réel comme fonds. Aussi n’est-elle ni un acte humain ni encore moins un simple moyen inhérent à un pareil acte. La conception purement instrumentale, purement anthropologique, de la technique devient caduque dans son principe; on ne saurait la compléter par une explication métaphysique ou religieuse qui lui serait simplement annexée. [GA7, pag. 28]

La physique moderne est le précurseur de l’Arraisonnement, précurseur encore inconnu dans son origine. L’essence de la technique moderne se cache encore pour longtemps, là même où l’on invente déjà des moteurs, là même où l’électrotechnique trouve sa voie, où la technique de l’atome est mise en train. [GA7, pg. 30]

Si, de plus en plus, la physique moderne doit s’accommoder du fait que son domaine de représentation échappe à toute intuition, ce renoncement ne lui est pas dicté par quelque commission de savants. Il est provoqué par le pouvoir de l’Arraisonnement, qui exige que la nature puisse être commise comme fonds. [GA7, pg 30]

C’est parce que l’essence de la technique moderne réside dans l’Arraisonnement que cette technique doit utiliser la science exacte de la nature. Ainsi naît l’apparence trompeuse que la technique moderne est de la science naturelle appliquée. Cette apparence peut se soutenir aussi longtemps que nous ne questionnons pas suffisamment et qu’ainsi nous ne découvrons ni l’origine essentielle de la science moderne ni encore moins l’essence de la technique moderne. [GA7, pg. 31]

Où nous voyons nous maintenant conduits, si nous avançons d’un pas encore dans la méditation de ce qu’est l’Arraisonnement lui même comme tel? Il n’est rien de technique, il n’a rien d’une machine. Il est le mode suivant lequel le réel se dévoile comme fonds. Nous demandons encore : ce dévoilement a-t-il lieu quelque part au delà de tout acte humain? Non. Mais il n’a pas lieu non plus dans l’homme seulement, ni par lui d’une façon déterminante.
L’Arraisonnement est ce qui rassemble cette interpellation, qui met l’homme en demeure de dévoiler le réel comme fonds dans le mode du « commettre ». En tant qu’il est ainsi pro-voqué, l’homme se tient dans le domaine essentiel de l’Arraisonnement. Il ne pourrait aucunement assumer après coup une relation avec lui. C’est pourquoi la question de savoir comment nous pouvons entrer dans un rapport avec l’essence de la technique, une pareille question sous cette forme arrive toujours trop tard. Mais il est une question qui n’arrive jamais trop tard : c’est celle qui demande si nous prenons expressément conscience de nous-mêmes comme de ceux dont le faire et le non faire sont partout, d’une manière ouverte ou cachée, pro-voqués par l’Arraisonnement. La question surtout n’arrive jamais trop tard, de savoir si et comment nous nous engageons proprement dans le domaine où l’Arraisonnement lui-même a son être. [GA7, pg. 32]

En tant qu’il est la pro-vocation au commettre, l’Arraisonnement envoie dans un mode du dévoilement. L’Arraisonnement, comme tout mode de dévoilement, est un envoi du destin. La pro-duction, poiesis, elle aussi, est destin au sens indiqué. [GA7, pg. 33]

L’essence de la technique moderne réside dans l’Arraisonnement et celui-ci fait partie du destin de dévoilement : ces propositions disent autre chose que les aflîrmations, souvent entendues, que la technique est la fatalité de notre époque, où fatalité signifie : ce qu’il y a d’inévitable dans un processus qu’on ne peut modifier.
Quand au contraire nous considérons l’essence de la technique, alors l’Arraisonnement. nous apparaît comme un destin de dévoilement. Ainsi nous séjournons déjà dans l’élément libre du destin, lequel ne nous enferme aucunement dans une morne contrainte, qui nous forcerait à nous jeter tête baissée dans la technique ou, ce qui reviendrait au même, à nous révolter inutilement contre elle et à la condamner comme oeuvre diabolique. Au contraire quand nous nous ouvrons proprement à l’essence de la technique, nous nous trouvons pris, d’une façon inespérée, dans un appel libérateur. [GA7, pg. 34]

L’essence de la technique réside dans l’Arraisonuement. Sa puissance fait partie du destin. Parce que celui-ci met chaque fois l’homme sur un chemin de dévoilement, l’homme ainsi mis en chemin, avance sans cesse au bord d’une possibilité : qu’il poursuive et fasse progresser seulement ce qui a été dévoilé dans le « commettre » et qu’il prenne toutes mesures à partir de là. Ainsi se ferme une autre possibilité : que l’homme se dirige plutôt, et davantage, et d’une façon toujours plus originelle, vers l’être du non-caché et sa non-occultation, pour percevoir comme sa propre essence son appartenance su dévoilement : appartenance qui est tenue en main. [GA7, pg. 35]

Mais, si le destin nous régit dans le mode de l’Arraisonnement, alors il est le danger suprême. [...] L’homme se conforme d’une façon si décidée à la pro-vocation de l’Arraisonnement qu’il ne perçoit pas celui-ci comme un appel exigeant, qu’il ne se voit pas lui-même comme celui auquel cet appel s’adresse et qu’ainsi lui échappent toutes les manières (dont il pourrait comprendre) comment, en raison de son être, il ek-siste dans le domaine d’un appel et pourquoi il ne peut donc jamais ne rencontrer que lui-même. [GA7, pg. 36]

Mais l’Arraisonnement ne menace pas seulement l’homme dans son rapport à lui-même et à tout ce qui est. En tant que destin il renvoie à ce dévoilement qui est de la nature du « commettre » . Lá où celui-ci domine, il écarte toute autre possibilité de dévoilement. L’Arraisonnement cache surtout cet autre dévoilement, qui, au sens de la poiesis, pro-duit et fait paraître la chose présente. Comparée à cet autre dévoilement, la mise en demeure provoquante pousse dans le rapport inverse à ce qui est. Là où domine l’Arraisonnement, direction et mise en sûreté du fonds marquent tout dévoilement de leur empreinte. Ils ne laissent même plus apparaître leur propre trait fondamental, à savoir ce dévoilement comme tel.

Ainsi l’Arraisonnement pro-voquant ne se borne-t-il pas à occulter un mode précédent de dévoilement, le pro-duire, mais il occulte aussi le dévoilement comme tel et, avec lui, ce en quoi la non-occultation, c’est à dire la vérité, se produit (sick ereignet).

L’Arraisonnement nous masque l’éclat et la puissance de la vérité.

Le destin qui envoie dans le commettre est ainsi l’extrême danger. La technique n’est pas ce qui est dangereux. Il n’y a rien de démoniaque dans la technique, mais il y a le mystère de son essence. C’est l’essence de la technique, en tant qu’elle est un destin de dévoilement, qui est le danger. Le sens modifié du mot Ge-stell (« l’Arraisonnement ») nous deviendra peut être un peu plus familier, si nous pensons Ge-stell au sens de Geschick (destin) et de Gefahr (danger).

La menace qui pèse sur l’homme ne provient pas en premier lieu des machines et appareils de la technique, dont l’action peut éventuellement être mortelle. La menace véritable a déjà atteint l’homme dans son être. Le règne de l’Arraisonnement nous menace de l’éventualité qu’à l’homme puisse être refusé de revenir à un dévoilement plus originel et d’entendre ainsi l’appel d’une vérité plus initiale.
Aussi, là où domine l’Arraisonnement, y a-t-il danger au sens le plus élevé.

Mais, là où il y a danger, là aussi
Croît ce qui sauve.
[GA7, pg. 37]

Si l’essence de la technique, l’Arraisonnement, est le péril suprême et si en même temps Hölderlin dit vrai, alors la domination de l’Arraisonnement ne peut se borner à rendre méconnaissable toute clarté de tout dévoilement, tout rayonnement de la vérité. Alors il faut au contraire que ce soit justement l’essence de la technique qui abrite en elle la croissance de ce qui sauve. Mais alors un regard sutfisamment aigu, posé sur ce qu’est l’Arraisonnement en tant qu’un destin de dévoilement, ne pourrait il faire apparaître, dans sa naissance même, ce qui sauve? [GA7, pg. 38]

Les machines et les appareils sont aussi peu des cas particuliers ou des espèces de l’Arraisonnement que le sont l’homme au tableau de commande ou l’ingénieur dans le bureau des constructions. Tout cela sans doute, chaque chose à sa façon, rentre dans l’Arraisonnement, soit comme partie intégrante d’un fonds, ou comme fonds, ou comme commettant, mais l’Arraisonnement n’est jamais l’essence de la technique au sans d’un genre. L’Arraisonnement est un mode « destinal » du dévoilement, à savoir le mode provoquant. Le dévoilement pro-ducteur, la poiesis, est aussi un pareil mode « destinal ». Mais ces modes ne sont pas des espèces qui, ordonnées entre elles, tomberaient sous le concept de dévoilement. Le dévoilement est ce destin qui, chaque fois, subitement et d’une façon inexplicable pour toute pensée, se répartit en dévoilement pro-ducteur et en dévoilement pro-voquant et se donne à l’homme en partage. Dans le dévoilement pro-ducteur, le dévoilement pro-voquant a son origine qui est liée au destin. Mais en même temps, par l’effet du destin, l’Arraisonnement rend méconnaissable la poiesis. [GA7, pg. 40]

En tant qu’il forme l’essence de la technique, l’Arraisonnement est « ce qui dure ». « Ce qui dure » domine-t-il aussi au sens de ce qui accorde? La seule question semble être une méprise évidente. Car, d’après tout ce qui a été dit, l’Arraisonnement est un destin qui rassemble en même temps qu’il envoie dans le dévoilement pro-voquant. « Pro-voquer » peut tout dire, mais non pas « accorder ». [GA7, pg. 42]

D’un côté l’Arraisonnement pro-voque à entrer dans le mouvement furieux du commettre, qui bouche toute vue sur la production du dévoilement et met ainsi radicalement en péril notre rapport à l’essence de la vérité.
D’un autre côté l’Arraisonnement a lieu dans « ce qui accorde » et qui détermine l’homme à persister (dans son rôle) : être - encore inexpérimenté, mais plus expert peut être à l’avenir - celui qui est main tenu à veiller sur l’essence de la vérité. Ainsi apparaît l’aube de ce qui sauve. [GA7, pg. 45]

Submitted on 06.02.2006 22:42
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